mardi 26 août 2008

1. Lundi soir, au bord du lac Léman avec un arrière-plan d'Alpes

2. Mercredi, en montant vers La Para

3. De la compagnie en montant

4. Satisfaction au sommet

5. Avec Étienne et Jess, en visite dans le vieux quartier

Pour plus de photos, tu es invité à consulter les liens suivants:



1. Ma famille d'accueil: Juda, Salomon, Salomé

2. Ma maison

3. Minaret de la Grande Mosquée de Bobo-Dioulasso

4. Cascades de Karfiguéla

5. Balade de dromadaire à Gorom-Gorom



lundi 25 août 2008

1. 2/07/08, Bazoulé: Contact rapproché avec un crocodile

2. 4/07/08, Léo: Remise de prix à l'école primaire

3. Juda, le fils de Salomon, donc mon petit frère

4. 20/07/08, Ranch de Nazinga: Éléphant

5. L'équipe de l'Unité de Médecine au CMA de Léo



lundi 18 août 2008

Suite et fin

Eh oui, me voila rentré chez moi, devant mon ordinateur, bien installé dans la chaleur de ma maison alors qu'y a l'air de faire frette dehors... Mais ca, tu sais c'est quoi, pas besoin d'en dire plus. A tout le moins, ca fait du bien de retrouver un clavier "normal" !!

Je sais, j'ai pris du retard dans l'écriture, y'a eu beaucoup de choses a faire récemment et pas assez de temps. Mais je vais tenter ce matin de boucler la boucle. Je te raconte la fin de mon voyage.

On en était ou ? Ah, ok, vendredi soir. Comme prévu, je suis sorti en ville avec mon copain Gérard. Il m'avait longtemps vanté les bars de Ouaga, qui, contrairement à ce qui se fait à Léo, ne ferment pas de la nuit. J'étais légèrement sceptique, on a dû vérifier... On est donc allés se coucher vers 5hAM, après une tournée des infatigables bars de Ouaga, qui, effectivement, n'ont pas fermé. Sans oublier, bien sur, un petit snack d'agneau grillé...

Samedi, je devais retrouver Salomon, mais par un enchainement d'événements, il n'a pas pu venir me trouver. Déception de ne pas le revoir avant de partir... Donc, samedi, repos, quelques courses, boucler les bagages, emballer tout ce qui pourrait casser dans l'avion. Puis en soirée, je vais prendre l'avion, accompagné par M. Benao (François) et Georges, qui tenaient a être présents pour mon départ. Je m'envole, tout a fait par hasard, sur le meme vol que Mathieu, Catherine et Stéphanie, trois des Québécois que j'ai rencontrés pendant mon séjour.
Dimanche matin, arrivée a Paris en plein soleil, apres une nuit de sommeil d'environ 1h30... Juste assez lucide pour me rendre a la Gare de TGV, et prendre le bon train. Celui qui m'emmène, a 300km/h, vers Lausanne, où m'attendent mon frère Étienne et sa copine Jessica. Le train, c'est grisant, peut-être même un peu trop... Quand c'est des arbres ou des maisons, collés a la voie, qui défilent a 300 à l'heure, faut pas regarder trop longtemps... Mais quand c'est des champs, des vignobles, wow !! Et surtout, quand apparaissent les premiers contreforts des Alpes, le moment est magique. Paysage couronné majestueusement par le mont Blanc, loin derrière mais tellement haut et blanc qu'on ne peut pas le manquer.
Donc, mes 2 hôtes m'attendent sur le quai à Lausanne, moment de retrouvailles fort agréable. On rentre ensemble a leur studio, en passant par le bus.

Comme choc culturel avec le Burkina, j'aurais pas pu demander mieux. Les bus, réglés a la seconde près, sont électriques. Ce qui implique qu'ils suivent un réseau complexe de fils au-dessus des rue, qu'ils doivent suivre sans faux-pas, car c'est leur alimentation en courant !! Tout est beau, tout est propre, tout le monde sait ou il s'en va et comment y aller, tout est réglé au quart de tour. Les Suisses sont reconnus pour leur montres et leurs banques... Je peux très bien comprendre pourquoi ! Les rues sont nettoyées chaque jour par un aspirateur format géant, et de toute façon personne n'ose jeter de déchets par terre... Les portes sont ajustées périodiquement par un ajusteur de serrures, qui s'assure que la porte ferme tight... Toutes ces démonstrations d'ordre, de modernité, de maîtrise de la situation et de l'environnement... C'en est étourdissant...

Mardi, il pleut. Pas le choix, donc, de se trouver a s'occuper a l'intérieur. Lausanne abritant le siège social du Comité International Olympique (CIO), notre choix se porte vers le Musée Olympique. Quand même, entrer par une arche en marbre dans laquelle sont gravés les fameux cinq anneaux, ca impressionne... Le musée est très beau, tres intéressant. De la Grèce antique aux équipements futuristes des athlètes actuels, en passant par Pierre de Coubertin et les skis en bois attachés par des lanières de cuir, tout y est. En plus, je sais pas si t'as entendu parler, mais les Jeux Olympiques, c'est en ce moment !! On a droit a des expositions sur la Chine, décorations aux couleurs de Beijing 2008 et retransmission en direct des épreuves. Disons que le timing était bon pour visiter !

Mercredi, sous un ciel radieux, on prend le train tôt en matinée pour aller s'enfoncer dans les premières vallées des Alpes, tout près de la ville. Du village des Diablerets, on commence a monter, prêts pour une magnifique randonnée. Notre objectif, le sommet de La Para, nous attend et nous observe 1400m plus haut. La montée est coriace, mais constamment récompensée par des paysages a couper le souffle. En face de nous, de l'autre côté de la vallée, le Massif des Diablerets nous domine, avec ses parois escarpées et son glacier. Parvenus assez haut, on distingue le Mont Blanc, qui encore une fois porte son nom à merveille, grâce à son altitude qui lui permet de rester couvert de neige à l'année. Et, tout autour de nous, dans les alpages, ce sont des vaches suisses qui nous accompagnent, au sont ininterrompu de leur cloches à vache suisses. Et, de temps à autre, un chalet suisse à flanc de montagne ponctue l'ascension. Parvenus au sommet, on se récompense avec biscottes, saucisson et chocolat suisse (arrgghhmmmm). La descente s'avère pas facile du tout, demande même une certaine créativité dans la trajectoire a suivre. Mais on rejoint finalement le village, puis la gare, puis le petit train courageux et grichant qui a osé nous monter si haut dans les vallées à force de serpentins dans les forêts pentues, puis le gros train qui file sans bruit et tout en confort jusqu'à Lausanne. On retrouve Jess et ses amies infirmières qui font un BBQ dans un parc, sur le bord du lac Léman. Cinq filles seules dans un parc le soir, a essayer de cuire de la viande, ca attire inévitablement les gars curieux et les anecdotes insolites. La soirée est très agréable, multiculturelle, imprévisible et cocasse. Le tout, éclairés par la (presque) pleine lune qui se reflète sur les eaux calmes du lac.

Jeudi, visite urbaine. On trouve une boutique qui prête des vélos pour découvrir la ville à notre rythme. Lausanne est une ville TRÈS en pente, ce qui rend nos déplacements plutôt forcants, surtout pour des gars qui ont marché pas mal la veille... Mais nos ascensions nous méritent des panoramas magnifiques sur la ville en contrebas, avec ses toits en tuiles de toutes les couleurs et toutes les formes, le lac juste dessous, et, omniprésentes, les montagnes qui nous dominent et nous impressionnent malgré le lac qui nous sépare. En soirée, on retrouve Jess après sa journée de travail pour une visite à pied du vieux quartier, avec sa cathédrale, ses petits escaliers abrupts, et, partout, des petits cafés, petits bars, terrasses sur la rue au soleil couchant... On prend une bière dans une microbrasserie fort sympathique, comme j'aime beaucoup, avant de rentrer au studio pour finalement souper vers 11h et tout refaire les bagages...

Le lendemain matin, très tôt, c'est déjà le départ, après une semaine qui a passé beaucoup trop vite. On s'est bien amusés, c'est vrai. Mais on a à peine eu le temps de partager nos photos respectives (on a fini à 2hAM la veille), et il y a encore tellement de choses a voir !! Je vais en laisser le soin à Étienne, qui a de quoi ne pas s'ennuyer pour les deux prochaines années !!!

Le voyage en TGV vers Paris s'est bien passé, toujours aussi buzzant... À paris, mes déplacements sont quelque peu compliqués par des travaux sur les voies de RER, le train de banlieue qui devait m'emmener à l'aéroport. 2h plus tard, apres de nombreuses marches/courses avec tout mes bagages sur moi, 2 lignes de métro parisien en pleine heure du midi et un bout en RER, je parviens à Charles-De-Gaulle. Ca m'aura fait un bain intense de Parisiens !! Le vol se passe encore une fois sans difficultés, et après une fouille en règle aux douanes canadiennes (j'ai tu l'air si méchant que ca ?), je retrouve maman qui m'attend vaillamment de l'autre côté des portes.

La suite, c'est une nuit à Montréal, puis retour à Alma, retrouvailles avec les amis, les paysages, le Lac lui-même, la maison, le confort, les habitudes, les routines...

Une petite semaine de vacances, puis l'école reprend à Chicoutimi le Lundi 25...

Voilà donc où s'achève mon périple. J'ai vécu de grandes choses cet été, j'ai appris beaucoup sur moi-même et sur le monde qui m'entoure. J'ai essayé de partager avec toi ces expériences, ces émotions, du mieux que je le pouvais. J'espère que tu as aimé suivre mes péripéties à travers ce récit, de mon côté j'ai bien aimé les partager. Je remercie tout ceux qui ont laissé des commentaires, cela a plus d'effet qu'on pourrait le penser. Je remercie aussi ceux qui ont lu sans écrire, de s'être intéressés à mon histoire.

Je conclurai dans quelques jours avec un échantillon de photos de mon aventure, maintenant que l'équipement me le permet. Mais pour l'instant, je sors dehors profiter de ce qui reste de l'été au Québec !!

Merci encore, et à la prochaine.

Jérome

mercredi 13 août 2008

L'autre bout du monde...

Salut !!

C'est drole de relire mon dernier message, je suis présentement dans un studio au 5e étage, avenue Béthusy, Lausanne, Suisse. Avec Étienne et Jess, mon frère et ma belle-soeur.

Je te signale tout simplement que je suis là, et encore en vie... La dernière semaine a été très remplie, aujourd'hui inclus, donc j'ai beacoup de choses a te raconter et pas beaucoup le temps d'écrire... Par exemple,aujourd'hui j'arrive de grimper un sommet dans les Alpes, rien de moins!! 9h30 de marche, plus une soirée BBQ sur le bord du lac Léman, là il est minuit et on rentre!!

Alors tout aussi rapidement (je vais me coucher), je te souhaite a la prochaine, et des nouvelles plus complètes vont venir dans quelques jours, probablement directement du Québec. Moins exotique, mais bon c'est mieux que rien !!

Alors a bientot on devrait se voir en vrai dans quelques jours !!

Jérome

vendredi 8 août 2008

Sahel et dépaysement

Me voici assis dans un confortable Cyber aux allures modernes, boulevard Charles-de Gaulle a Ouagadougou, devant un ordinateur récent. Ca fait changement d'il y a 24h! Je te raconte mon périple dans le nord.

Reprenons d'abord mardi, quand j'ai quitté Bobo. Le trajet en bus s'est bien passé, celui que j'ai pris etait tres moderne, climatisé, TV et tout. Arrivés a Ouaga, surprise: Salomon, qui devait m'y rejoindre, a du rester a Leo plus longtemps que prévu, et ne m'accompagnera pas pour les 2 prochains jours. Je partirai donc avec Akim, un autre de l'organisation qui s'occupe de moi. C'est donc lui qui vient me chercher a la gare et me ramène chez M. Benao, ou je choisis finalement de passer la nuit, comme il est deja tard.

Le mercredi matin, on se leve tres tot pour prende le car jusqu'a Gorom-Gorom qui croyait-on, partait a 6h. Mais celui la n'existe plus, il y en a un a 7h30 qui s'arrete a Dori, a 57km de notre destination finale. Apres 4h de bus, on arrive a 11h30 a Dori ou on se met en quete d'un taxi-brousse pour compléter le trajet. On trouve un espece de vieux pick-up Toyota qui nous offre une place dans la boite et qui, nous dit-on, part dès qu'il est complet. L'attente commence. Sous un soleil impitoyable, dans une ville ou y'a rien a faire, les heures sont longues... Finalement, il y a un autre car qui arrive de Ouaga a 16h et qui, lui, continue jusqu'a Gorom-Gorom. Ca reste la facon la plus simple de s'y rendre. On recupere notre argent au taxi-brousse et on prend finalement le car, a 17h. Dire qu'on aurait pu dormir 4h de plus e matin et prendre ce car la directement... Mais bon, on va finir par s'y rendre...
On est finalement sur place a 19h, apres 57km de brousse en 2h de bus tape-cul. La nuit est tombée et y fait noir. Le probleme, c'est que notre guide, que Akim avait convoqué le matin, a passé l'apres-midi a nous attendre avec les deux dromadaires, pendant que nous aussi on attendait a Dori... Il faut donc le recontacter, faire repréparer les bêtes et tout... Et puis, normalement la balade se faisait de jour, et on soupait sur les dunes de sable. On Modifie le programme, moi et Akim on mange sur place pendant qu'on prépare l'expédition. C'est finalement (enfin) le grand départ vers 21h30. Laisse moi te dire que c'est déja tout un feeling d'etre assis sur un dromadaire qui avance, le faire la nuit sous les étoiles ca rajoute encore un petit quelque chose de spécial!! Toute une expérience... C'est haut un dromadaire, et c'est pas évident d'etre a l'aise sur l'espece de selle... Mais bon, apres quelques minutes pour apprivoiser la bête, le moment est magique. Les grands animaux marchent dans le sable, forts, imperturbables, et toi tu regardes les étoiles, en silence. Seul petit hic: il faut parfois contourner des arbres épineux (avec des épines grosses comme des cure-dents, sérieusement ! ) que nos montures ont tendance a affectionner particulièrement. Mais par une nuit sans lune, en terrain inconnu, bonne chance ! A quelques reprises, je me suis envoyé direct dedans ! Je suis quitte pour de bonnes entailles sur les deux bras, pas tellement douloureuses mais quand meme... Le guide s'en veut a mort, "que le blanc se soit fait mal"... Y'est plus malheureux que moi !!
On arrive donc dans une zone, pas tres grande, de dunes de sable. Honnêtement, c'est plus un trip de touristes qu'autre chose, le vrai désert c'est plus loin. Mais bon, le feeling est la quand meme!! On s'étend sur des nattes a la belle étoile et, bien vite, le sommeil nous gagne.

5h30, le lever du soleil me réveille dans des teintes de bleu et d'orangé. Le vent a soufflé fort cette nuit, alors y'a du sable partout... On déjeune avec un café et un bout de pain, puis on est prets a repartir. Bons pour un autre 2h de chevauchée (ou chameauchée ?) en retour vers Gorom-Gorom. Les fesses sont endolories et les yeux grands ouverts, découvrant pour la deuxième fois le meme paysage, cete fois sous le soleil du matin. Le jeudi, c'est le jour du marché a Gorom (c'est pas par hasard qu'on y est ce jour-la!). Donc, sur la route, on rejoint les gens des villages aux alentours, qui vont vendre ou acheter n'importe quoi qui est produit ou consommé dans la région. Tout passe par là.
Le marché est tres impressionnant. Les gens viennent de partout et les marchandises de tres loin, arrivées a dos de dromadaire dans des caravanes marchandes. On rencontre de toutes les ethnies du Sahel: Peuls, Touaregs et autres... Les habit sont colorés et les visages, usés avant l'age par le sable et le soleil. Mes achats se résument a un peu d'artisanat et beaucoup de dattes, en provenance du Mail. On passe ensuite au marché de bétail, avec pour commencer les dromadaires. Pas tres populaire (ca coute cher!!), c'est assez tranquille, les betes sont couchées et les propriétaires discutent. Puis, c'est les bestiaux. La, y'a du monde ! On négocie des chèvres, des anes, des boeufs. Ca parle fort, y'a des gens et des animaux partout. Et, encore une fois, cet amalgame de couleurs, de tissus, turbans et autres. Les touristes y sont peu nombreux, négligeables. On est dans la vraie vie ici, c'est pas une mascarade pour faire plaisir aux blancs.

Apres un tour complet du marché, moi et Akim on repart prends le car de 13h, qui part finalement a 13h45, ce qui est relativement tôt... Apres 8h les genoux accotés dans le dossier d'en avant, on rentre a Ouaga. Akim me dépose chez Anne et Benoit, des coopérants québécois rencontrés a Léo et qui sont a Ouaga pour un an, installés dans une luxueuse villa.C'est ici que je passe mes 2 dernieres nuits. Ca me fait tout drôle, les moustiquaires aux fenêtres, la climatisation, la toilette avec un siege, la douche avec eau chaude....

Donc, aujourd'hui est plutot tanquille, j'ai dormi tard ce matin. Ce soir, je dois voir M. Benao pour évaluer mon stage, puis sortir en ville avec mes copains étudiants en médecine, qui eux sont rentrés a Ouaga. J'ai bien hate a cette découverte du nightlife ouagalais... Salomon va revenir seulement demain matin, on va donc passr la journée ensemble, visiter un peu la ville avant les bagages, les adieux et l'envol... Tout a passé si vite, c'est bizarre de penser que demain c'est déja fini, tout ca. Anyway, j'aurai du temps dans l'avion pour y penser...

Alors aux prochaines nouvelles, probablement en direct d'un 1 et demi au coeur de Lausanne !!

Jérome

mardi 5 août 2008

Bobo (suite)

** désolé pour la coupure, faut payer le net a l'heure ici... **

Donc, soirée tranquille vendredi. Samedi matin, visite rapide du Bobo touristique. En fait, Francois etait ici avec Stéphanie, la québécoise rencontrée a Ouaga. Elle quittait a midi, on a donc fait un blitz de visite du quartier artisanal. Tres intéressant la visite, en particulier les ateliers d'artisanat: masques en bois, poterie, forgerons, bronzes, tisserie... Evidemment, chacun vend sun stock, et y faut négocier... mais pour négocier, faut pas etre pressés, alors moi et Salomon on est retournés apres le départ de Stéphanie, Francois et l'équipe. Juste nous deux, tranquilles, on a fait des bons deals. Faut dire que Salomon est champion négociateur, faut le voir faire c'est impressionnant... Ensuite, on loue un taxi pour la route vers Koro, petit village a 15km de la ville. Le village est en partie perché sur une colline escarpée, c'est magnifique. Des petites bicoques en banco, habitations sommaires entremêlées aux ateliers de toutes sortes (forge sur feu de bois, etc.). Du rocher dominant le village, la vue est tuot simplement magnifique. En fait, c'est pas tres haut, mais comme tout est plat on voit tres loin et la nature est splendide ici. Il pleut beaucoup plus qu'au nord, donc tout est en teintes de vert, sous un ciel bleu. De retour a Bobo, on visite la Grande Mosquée, en plein coeur du centre-ville. Tres dure a décrire, elle est toute en banco (ce qui est un exploit en soi vu la hauteur, environ 5 étages), un peu mythique , imposante et fascinante par le respect et la sérénité qui y règne.
Apres cette grosse journée de visite, on va prendre un pot en tout simplicité dans un maquis comme on retrouve a chaque coin de rue, pour décontracter avant souper. Déja les djembés résonnent dns les rues, a peine le soleil couché. On va souper aux Bambous, resto-bar-cabaret magnifique, en plein air bien sur, ou se produit ce soir la un groupe de percussions traditionnelles, djembés, balafons, tambours de toutes sortes. L'ambiance est magique, envoutante. le souper est tres bon, ca fait changement du riz et du . Un peu cher, considérant que c'est le blanc qui paie, mais bon ca arrive des fois, ca va aller... Tres belle soirée. Ah, et j'y fais la connaissance de Dof, frere d'un ami de Salomon avec qui je jase beaucoup. Il joue du djembé dans un groupe presque professionnel et est guide a ses heures. Il me propose, par amitié, de me montrer a jouer, et de me faire la visite de Banfora telle que planifiée pour lundi. Certainement !!

Dimanche, on déjeune avec café au lait, baguette francaise et pot de Nutella acheté la veille. Le déjeuner se ressemble pas mal chaque matin, et c'est parfait comme ca! Moi et Salomon on part ensuite pour le marché central de Bobo, reconnu pour son animation et sa diversité. On en profite pour mettre a profit les talents de négociateur de Salomon, et on fait plusieurs achats. Pour moi, pour lui, et quelques cadeaux pour des amis à Léo. En apres-midi, on va au Musée de la Musique, voir les instruments traditionnels et acheter quelques CD non-piratés, difficiles a trouver ailleurs. En soirée, apres une forte averse qui nous a immobilisés 2 heures a l'hotel (y'a pas de probleme, faut faire avec, on prend un verre et on jase...), je rejoins Dof chez lui qui me montre les rudiments du djembé. Bon pour la technique de frappe, ca va. Mais pour les rythmes percussifs, j'ai jamais ete tres fort, et ca changera pas de si tôt... Anyway, j'aurai le temps de pratiquer une fois au Québec... Pour la suite, les plans changent en vitesse. Juda, le fils de Salomon, est malade a Léo, et Salomé doit gérer la situation et payer les médicaments. Mais un compte conjoint, ca existe pas, ici... Salomon doit rentrer en vitesse, il prend le bus de 22h et me laisse avec Dof ici a Bobo. On va se retrouver mardi(ce soir) a Ouaga, et puis de toute facon j'ai beau etre blanc je suis un grand garcon... Je vais souper avec Dof (couscous avec viande, tres bon). Puis, impossible de résister, on retourne aux Bambous prendre une biere. Cette fois, musique plus acoustique: balafon, guitare traditionnelle, genre de flute traversiere en bois. Magique, encore une fois.

Hier, lundi matin, on prend le car pour Banfora. Bonne nouvelle, Dof a rencontré 2 autres blancs, des Allemands en fait, qui vont faire la visite avec nous. Ca nous permet de louer une voiture et son chauffeur pour la journée, beaucoup plus preatique que la moto prévue initialement. BVanfora, c'est une petite ville au sud de Bobo, reconnue pour ses environs verdoyants aux paysages magnifiques. La visite commence avec le Lac de Tengrele, ou habitent des hippopotames. On fait un tour en pirogue sur le lac. En fait, c'est mon premier lac a proprement parler depuis mon arrivée ici, donc c'est deja tres excitant. On fait un tour dans une pirogue, tres pittoresque. On n'a malheureusement pas vu les hippos, ce n'est pas la saison. Mais bon, c'était tres bien quand meme.
Ensuite, en route pour les Domes de Karfiguéla, formations rocheuses millénaires culptées par l'érosion naturelle. Tres impressionnant, le paysage est comme extra-terestre, ou surnaturel, un peu cahotique... Tres dur a décrire, mais j'ai pris beaucoup de photos, que tu verras un jour...
Pas tres loin de la, les Cascades. Une série de petites chutes qui semblent perdues en pleine jungle, l'endroit est magnifique et tres paisible. Apres une marche au gros soleil, la baignade est la bienvenue. Ma première depuis je-sais-plus combien de semaines !!! Le moment est magique, on se détend dans l'eau, on joue sous les chutes. On parvient enfin a se rafraichir, ce qui est en soi quelque chose de précieux et rare ici !! Sur la marche de retour des cascades, apaisés, une légère pluie nous attrape alors que le soleil déclinant nous éclaire encore de l'autre coté. Résultat: de notre point de vue on surplombe des champs de canne a sucre a perte de vue, a notre gauche la silhoutte des domes se fait timide sous un énorme nuage gris foncé mais tout de même éclairé par le soleil derriere nous, et pour surmonter le tout un énorme arc-en-ciel complet qui encadre de bout en bout ce paysage féérique. Comment ne pas se sentir en paix avec la vie dans un moment pareil, je te le demande...
De retour, en soirée, que faire? bonne question... Il est 22h30 quand moi et Dof on part souper, alors apres, pour compléter la soirée, on va... aux Bambous, prendre une bière ! Ce soir, c'est reggae, ambiance intime, relax, rasta, chill...

Donc, ce matin, j'ai pris ca smooth, déjeuné au café-pain-nutella sur la terrasse sur le toit de l'hotel... Je pars tentot prendre le car de 14h pour Ouaga, rejoindre Salomon ce soir pour partir vers Gorom-Gorom demain matin, et les aventures continuent dans la bonne humeur...

En résumé (le temps manque), Bobo est tout simplement G-E-N-I-A-L-E. Atmosphere, attitude, végétations, musique, accueil, ambiance... Les petites boites du nuit, le djembés, qui résonnent jusqu'aux petites heures, j'ai trippé ben raide !!

Alors a bientot, je sais pas exactement, quand pour la suite du voyage !!

Jérome

Bobo-Dioulasso

Tout simplement : WOW !!

Il est 10h26, mardi matin, et je suis a Bobo depuis vendredi soir. Un coup de coeur total !! Il faut vraiment que tu viennes voir cette ville-la, trop géniale !!

Donc, vendredi matin, moi et Salomon sommes partis de chez Francois pour le centre ville de Ouaga. Négos avec le chauffeur de Taxi, bruit, poussiere, boucane... Ouaga, quoi ! Apres quelques courses (banque, pharmacie pour trouver la ***** de boite de Malarone qui me manquait, ...), on est allés a la gare de bus pour faire la route pour Bobo. Ah, et on a pris un snack en passant, une dame qui faisait des haricots couscous, spécialité locale, sur le bord de la rue. 100F l'assiette (0.25$) et délicieux. Puis, 5h de bus entassés, pseudo-confortable, a la fois somnolant et observant le paysage, plat mais magnifique. Arrivée a Bobo vers 18h, déja on se sent bien. Des arbres partout, petites rues animées mais pas agressantes. Tout le charme simple d'une grande ville qui n'a pas a porter le poids d'etre la capitale. L'hotel réservé nous réserve une surprise, la réservation etait au nom de Bénao (nom de famille de Salomon), et son frere Francois, etant arrivé ici avant nous, a pris la chambre pour taquiner. Mais, le reste de l'hotel est complet quand on arrive, faut aller ailleurs. Pas ben grave finalement, on trouve autre chose et on reviendra ici demain. En soirée, on va souper avec Francois et son équipe, Poulet et agneau grillés en plein air, savoureux.

suite a venir...

jeudi 31 juillet 2008

En voyage !!!

Me voila, jeudi soir, 23h, assis au même endroit d'ou je t'ai écrit au tout début de cette aventure, il y a un moi. Chez M. Benao, a Ouagadougou. C'est donc dire que Léo, c'est terminé pour moi. Déja...

Les derniers jours ont passé terriblement vite. Hier, je commencais a entrevoir la fin, a planifier le voyage. Puis, voila... Depuis dimanche, ca a été comme une tournée d'adieu, ou plutot "d'au revoir", comme je me plais a l'imaginer.
3jours de travail au CMA qui se sont bien passés. Retour en Médecine pour boucler la boucle, la ou finalement j'ai vu le plus, et j'ai créé le plus de liens avec le personnel. Séances de photos, salutations a tous et a chacun, consultations encore et toujours. Je me suis bien plu dans cet endroit, et je me suis ouvert les yeux sur des réalités qui m'étaient auparavant si lointaines. On peut dire que je reviens, la tête pleine de projets pour faire ma contribution en provenance du Québec, aider ces gens a aider des gens...
Une partie de foot, mardi soir a l'heure ou les ombres s'allongent, l'heure ou le temps est presque vivable. Séance photo, évidemment, et la les gamins étaient plus qu'excités d'etre photographiés!! On s'est bien marrés. Remerciements, de leur part pour le ballon que j'ai apporté et pour ma modeste personne, de ma part pour leur accueil spontané et si chaleureux qui m'a fait sentir a l'aise des les premiers coups de pied.
Mercredi soir, dernier souper en famille, qui s'est avéré etre un festin d'adieux. Plusieurs amis invités (malheureusement une partie étaient a l'extérieur et n'ont pas pu venir), et on avait mis le paquet pour recevoir tout le monde. J'ai sorti mes ballounes, et Salomé la nappe blanche et tout... Au menu: Poulet grillé, toujours aussi bon; foutou, substance gélatineuse dure a decrire mais soulignant une grande occasion et ma fois tres bonne; pâtes au poisson; agneau grillé (mon ami fidèle au rendez-vous); et finalement un riz aux légumes préparé par moi-meme (avec un peu d'aide pour les ingrédients locaux) et ma foi pas mauvais du tout. Je crois que j'en ai impressioné quelques-uns. Bref, une belle soirée en bonne compagnie, sous le signe de la bonne humeur et de l'amitié. Mais légèrement teintée, malgré ma bonne volonté, d'un certain regret que tout ca soit déja fini...
Ce matin, j'ai paqueté mes bagages et bretté en attendant M. Benao, qui arrivait d'un village pas trop loin et avec qui moi et Salomon on repartait sur Ouaga. Quand je l'ai finalement rejoint, il m'a dit qu'on partait a 15h. A l'heure africaine... Nous sommes donc parti a 16h30, arrivés chez lui a Ouaga vers 19h. Dans le 4x4 8 places, nous étions exactement 10 personnes, leurs bagages, 2 poulets et un djembé( le mien :D ) A ouaga, nous devions faire "taxi-resto-hotel", mais la pluie d'aout(la pire) nous a capturés a l'intérieur et M. Benao nous a offert l'hospitalité pour la nuit, fort apprécié. (On est quand meme son frere et son ami canadien, c'est pas rien !!).

Les plans pour la suite sont encore en mouvement, au gré des rencontres (et des lifts) qu'on prévoit faire sur notre chemin. Il y a quelques autres volontaires canadiens en voyage, ces temps-ci, alors faut combiner les occasions !!

Donc, demain matin Bobo, ca c'est sur. J'ai tres hate a cette étape, j'ai entendu beaucoup de belles choses de cette ville !! Je te tiens au courant de la suite des choses.

Jérome

dimanche 27 juillet 2008

Ca achève...

Pas facile !! Je sens déja la fin d'une étape arriver !! Et je sens en moi monter les clichés si souvent entendus d'autres voyageurs, au point de trouver moi-même qu'ils sonnent faux... Mais bon, c'est la vérité pareil...

1- Eh que ca passe vite !
Aujourd'hui, ca fait 4 semaines que je suis arrivé. Déja !! Non, le séjour n'est pas terminé, mais c'est une étape majeure qui se conclut. Le départ de Léo est fixé a jeudi. Déja, on parle de soupers d'adieu, de pots d'au revoir... Déja le mois de juillet qui achève, aout qui approche. Y'a pas si longtemps et une éternité en meme temps, j'étudiais de l'endocrinologie et je rêvais de savane...

2-Je pars, juste comme je m'étais vraiment adapté !
J'ai pas eu de choc culturel a proprement parler, mais il reste que tu débarques dans un univers tellement différent, ca te déstabilise... Tu restes fonctionnel, t'apprécies, et tout, mais c'est comme une "bulle" dans ta vie, comme un rêve... Puis, tu t'habitues à mille petits détails, tu retrouves tes repères, tu t'intègres... Et là, y faut partir... Je te raconte les derniers jours, en survol.

Cette semaine, j'ai rencontré une fille de Calgary, future infirmière qui a passé un mois a Boura et la drniere semaine a Leo. On a finalement passé beaucoup de temps ensemble, on s'enetndait bien. Elle parle a peine francais, alors je pense qu'elle a bien aimé avoir un traducteur, car les Burkinabé ne parlent pas plus anglais...
Donc, mercredi soir, souper chez le Pasteur, chez qui elle était hébergée. Encore plein de rencontres, tres belle soirée.
Jeudi, plutot tranquille. Travaillé le matin, pris du repos, a l'ombre du kaicedra dans la cour, lecture et tout...
Vendredi, hopital le matin encore une fois, en prenant un coca a la buvete en plein-air, bien sur, pour relaxer un peu. De retour a la maison, des amies de Salomé, ma maman d'accueil, sont là avec leur enfants. On a joué ensemble tout l'apres-midi, sans parler un mot dans la meme langue mais bon, ca c'est pas important... Apres ca, je suis parti seul faire un tour au marché. Déambuler à travers les étals de poisson, bicyclettes, mangues, vêtements, etc... étourdissant de couleurs et d'odeurs. Bien sur, j'avais pris soin de passer prendre un snack chez mon ami qui grille de l'agneau, sur le chemin. Délicieux !! Il atténue ma carence chronique en BBQ du dernier mois... Apres le marché, direction terrain de foot, pour passer 2h a suer sous le soleil couchant avec les gamins. Eux non plus ne parlent pas beaucoup francais, mais bon sur le terrain on se comprend. Puis, de l'autre coté de la rue je vais rejoindre des copains québécois-francais que j'avais apercu entrer au Jardin du Maire, le resto de la place. Ils m'invitent a souper avec eux, pour partager... de l'agneau grillé, commandé a l'extérieur chez mon fidèle ami. Toujours aussi bon !! Nouvelles rencontres, des québécois qui sont a Ouaga, ils passaient la fin de semaine a Léo. Ils m'invitent a dormir chez eux lors de mon passage a Ouaga dans quelques jours. Avec plaisir !! Apres ce souper, je me dirige vers la maison, tentant de rejoindre sur mon portable les trois étudiants en médecine, avec qui on devait aller prendre un pot. Finalement c'est Ibrahim, l'un d'eux, qui m'attrappe au vol avec son scooter et m'amène a la riviera, buvette en plein-air ou sont déja installés Arnaud et Gérard, les deux autres étudiants, avec Kristen l'albertaine et Pascaline sa soeur d'accueil. Je réussis a rejoindre George, mon bon ami qui m'a fait découvrir Ouaga, et avec qui je devais également prendre un pot ce soir-là. Il vient nous trouver, avec M. Benao. Nous voila donc, tous autour de cette table bien garnie (de bouteilles), assis dehors a la tombé de la nuit, et meme un peu plus tard... Très belle soirée. Disons simplement qu'une grosse biere, ca contient plus qu'une petite...

Samedi, journée tranquille. Je vais faire des courses avec Salomon, récupérer les vêtements que j'ai fait faire chez le tailleur (sur mesure s'il vous plait!!), et autres occupations. En soirée, c'est le Bal au Jardin du Maire (qui se tansforme en discothèque en plein-air pour l'occasion). A nouveau avec Ibrahim, Gérard, Auraud, Kristen, Pascaline, et quelques autres... Beaucoup de danse (eh oui, ca m'arrive, des fois...). Je me suis rendu compte que je connais maintenant pas mal de monde a Léo, c'était une tres belle soirée. De retour a la maison au petit matin. Mon seul regret, c'est que mon ami grilleur d'agneau est allé se coucher un peu trop tot a mon gout. Et j'étais un peu loin de chez Goofy...

Donc, a la lumière des derniers jours, je me dis qu'il fait bon passer un mois de Juillet a Léo, et que j'en aurais pris certainement plus... Mais bon, le temps file et d'autres belles découvertes pointent a l'horizon... J'ai vraiment hâte aux deux prochaines semaines !!

A tout de suite !!
Jérome

p.s. toutes mes félicitation aux courageux qui ont bravé le Lac-st-Jean ce samedi. Parait que c'était pas de tout repos... Une mention spéciale, évidemment, à Bianka, trop forte encore une fois.

jeudi 24 juillet 2008

Carte postale

heh, hier j'étais pressé... Je voulais joindre, dans mon envoi, une carte postale, mais elle est tombée de l'enveloppe. Alors la voici.

C'est deux gars, un blanc et un noir, qui roulent en moto sur une piste de terre de 10 pieds de large dans la brousse. Au dessus d'eux, dans un ciel parsemé de nuages, le soleil, qui est levé depuis pas trop longtemps et qui laisse déja présager le feeling qu'on va avoir dans quelques heures. Autour d'eux, des arbres de toutes sortes. Certains grands, larges, majestueux, et d'autres, silhouettes torturées qui semblent vouloir se contorsionner pour échapper aux rayons du fameux soleil. Soudain, à leur gauche, un espèce de barrissement qui semble venir direct de la préhistoire, et en même temps, c'est tout le feuillage d'un énorme kaicedra qui frémit. La moto s'arrête, juste avant de l'apercevoir. Puis, d'apercevoir la dizaine de copains qui le suivent juste derrière. Les voila, les éléphants. Les plus petits du groupe pourraient déraciner un arbre. Le plus gros, le chef, semble, soucieux des étrangers qui viennent perturber sa quiétude, mais également si nonchalant, sachant que sa stature à elle seule impose le respect. Et avec raison.
Les deux minuscules humains sur leur ridicule moto laissent donc le passage, avec tout le respect qu'il se doit, aux maitres des lieux. La bande travers le chemin, puis s'enfonce comme elle est arrivée à travers la brousse épaisse. Ils ne laissent sur leur passage que quelques branches/arbres cassé(e)s, d'autres dépouillés de leur feuilles qui ont servi de snack du matin, et d'énormes traces par terre. Et, aussi, deux humains, impressionnés, contemplatifs, avec le sourire au visage.

Jérome

mercredi 23 juillet 2008

Mercredi 23 juillet

Salut !!
Wow, gros programme lors des 4 derniers jours, ca a bougé pas mal!!

On est mercredi PM, alors je te raconte tout ça à partir de samedi.

Comme prévu, moi et Salomon sommes partis très tôt, 5h40, à deux sur sa moto en direction de Nazinga, la réserve faunique. Peu après notre départ, la pluie nous attrape sur la route. Rouler en moto pas de casque sous la pluie, c'est déja pas super, quand en plus la route est en terre et il faut faire du slalom entre les falques d'eau qui s'accumulent, ca devient, disons, laborieux... De plus, à quoi bon visiter la réserve aujourd'hui, si les animaux de sortent pas sous la pluie... Vers 6h30, on décide de changer notre plan: on ralentit la cadence du déplacement, on se rend directement à Pô (de l'autre coté de la réserve), on visite Tiébélé aujourd'hui et on repassera par Nazinga à notre retour demain, apres avoir dormi a Pô.
Cette décision nous permet donc de slacker un peu, quand il pleut trop fort on s'arrete pour s'abriter. Premier arrêt, vers 6h45, dans une agglomération de quelques maisons de Peuls, une ethnie au mode de vie encore très traditionnel. Agriculture, élevage, cases en banco (terre cuite), coupés du monde. Une demi-heure passée dans une case ronde, maximum 12 pieds de diametre, avec un toit en paille étonnament étanche sous la pluie. Belle expérience.
Apres quelques autres arrets, on parvient a Pô, s'installe dans une auberge puis on repart pour Tiébélé. Une fois rendus, heureusement la pluie décide enfin de nous épargner pour le temps de la visite. Tiébélé est le haut lieu de l'architecture Kassena, selon laquelle les familles forment des agglomérations de maisons entourées d'un mur avec cour intérieure et tout. Dans celle que j'ai visitée, 122 personnes résident quotidiennement. Pour faire une histoire courte, la forme de la maison est déterminée par le statut de la cellule familiale qui y vit (célibataire, jeune couple, vieux couple...), et les murs sont recouverts de peintures symboliques représentant plein d'éléments importants à leur mode de vie. Tres intéressant.

Apres une trop courte nuit a Pô, on repart sur la moto a 5h15 pour Nazinga. Une fois passée la barriere, il y a 40km a faire pour se rendre a l'accueil. Ces 40km-là, c'est de la visite gratuite! Apres avoir constaté les branches cassées, les feuilles arrachées sur leur passage, les traces par terre, les bouses... Finalement, les voila!!! Wow!! Quand tu es sur une moto, face a un troupeau d'éléphants, en pleine nature sauvage, tu te sens, disons, petit... J'avais l'impression d'etre dans Jurassic Park, celui ou ils sont sur une ile déserte, perdus en pleine forêt... Apres, je me suis payé une visite avec guide, encore une fois a moto. On a complété le tour, et j'ai vu pas mal tout ce qu'il y avait a voir: Antilopes de plusieurs espèces, (énorme) meute de babouins, singes verts, buffles, crocodiles. Parait que j'ai été tres chanceux!! Je te ramène quelques bonnes photos.
Sur place, on a rencontré Mathieu et Catherine, le couple franco-québécois que j'ai connu a Ouaga. Ils nous ont suivi a Léo en m'offrant une place dans leur 4x4 (confort!!) et ont passé la nuit avec nous chez Salomon avant de repartir lundi matin.

Lunjdi et mardi, j'accompagnais M. Benao et son équipe (on était 8) à Boura, petit village à 60km de piste de terre de Léo. Ils y donnaient une formation aux élus locaux sur, en gros, le statut de la femme et le code civil Burkinabé (mariage, divorce, testament, etc...) Ca a été deux jours plutot passifs pour moi, mais bon c'était intéressant. A plusieurs reprises, je m'étonnais a quel point les élus et magistrats ne connaissent pas les lois de laur pays !! Ils fonctionnent selon les croyances, les rumeurs, les habitudes traditionnelles qu'il ne faut surtout pas briser... La situation de la femme ici, ca doit etre a peu pres comme au Québec en 1950-60...

Ce matin, retour au CMA, en maternité cette fois. On a recu une jeunne femme en travail, tres tres souffrante. Apres l'avoir accueilli et examiné, je l'ai accompagné au Bloc pour assister a la césarienne. Tres intéressant !!
Et j'ai rencontré une infirmière de Calgary, tres sympathique, chez qui je suis invité a souper ce soir. Je vais pratiquer mon Anglais !!

Pour ceux qui se le demandaient (salut Jérome), voici un apercu de mes plans pour la suite des choses.
Pour la fin de la semaine et le début de l'autre, rien de spécial. Ce seront mes derniers jours à Léo, déja!! Vers la fin de la semaine prochaine, date à déterminer, moi et Salomon on quitte pour notre Burkina Tour '08. En premier, Bobo, 2e ville du pays, qui semble tres animée et intéressante. Dans les environs, Banfora avec ses chutes, ses paysages montagneux et ses palmiers. Apres quelques jours dans ce coin, grosse run de car, on traverse le pays vers le Nord-Est, direction Saël. Au programme: balade en dromadaire, nuit dans les dunes a la belle étoile, visite du marché hebdomadaire de Gorom-Gorom, lieu de rencontre des Touaregs de partout. Puis, finalement, retour a Ouagadougou le jeudi ou vendredi, visites et départ en avion samedi le 9 aout en soirée.
Avion, train, puis séjour a Lausanne en Suisse chez mon frere Etiennne jusqu'au 15.
Train, Avion, puis rentrée au pays le 15 aout en soirée.
Voila, en gros, mes objectifs.

D'ici la, je te tiens au courant de la suite des choses !

Jérome

p.s. je pense que je m'habitue a la chaleur... Ce qui ne veut pas du tout dire que je n'ai plus chaud, au contraire !!

vendredi 18 juillet 2008

Une semaine plus tard

Bonsoir (à partir de 15h, il faut dire bonsoir)
Délosé du silence radio cette semaine, disons tout simplement que j'ai pas eu grand chose a te raconter...

Donc, une semaine plus tranquille est passée, peu à peu on prend ses routines, tout devient plus familier, moins nouveau, y'a moins de choses a raconter...

Cette semaine, au CMA j'étais en chirurgie. Ce qui veut dire que le pattern reste le même, donc le staff et la visite en premier, mais par la suite, au lieu de la consultation, on passe au Bloc Opératoire pour opérer. Très intéressant. Disons simplement que les conditions d'asepsie en salle d'op concordent avec ce qu'on retrouve en hospitalisation. Les mouches volent pas trop loin des plaies chirurgicales... Ici, c'est impensable d'opérer un patient sans par la suite le mettre sous antibiothérapie a large spectre. Que ce soit durant l'opération ou dans sa chambre (salle commune), il va surement pogner quelque chose!!

Mardi, j'ai pris le bus pour me rendre apres le travail chez un ami se Salomon qui est infirmier au dispensaire d'un petit village a 15minutes d'ici. J'ai passé l'apres midi avec, a discuter de choses et d'autres, c'e'tait bien intéressant. Il m'a ramené a Leo en soirée, a deux sur sa Yamaha 80cc sous la pluie battante. Génial!!

Chronique santé
Bon, j'ai été assez ralenti ces derniers jours par un épisode aigu de diarrhée, causé par je-ne-sais-trop-quoi que j'ai mangé et que je n'aurais pas du, je suppose. Donc mercredi, c'était moyen mais ca allait encore, mais jeudi je ne suis pas rentré travailler, j'ai gardé le lit jusqu'a 14h... J'ai pas mangé beaucoup cette journée la... Aujourd'hui ca va mieux, je reprends des forces. Ca devrait complètement réglé demain, j'ai un gros programme qui m'attend...

En effet, moi et Salomon on part toute la fin de semaine. On quitte demain matin, 5h, pour visiter le Ranch de Nazinga, une réserve faunique avec éléphants, phacocheres, babouins et tout... Si la chance est avec nous (c'est grand et c'est pas garanti qu'on va trouver les troupeaux), je te ramène quelques belles photos... Puis, dodo à Po, de l'autre coté de la réserve, pour enfin le dimanche visiter Tiébélé et ses casa traditionnelles. J'ai bien hate de voir.
Lundi et mardi, je pars avec Francois Benao a Boura, un village a environ 60km d'ici. Il donne une formation la-bas et m'a invité a visiter le coin. Ca se peut meme qu'on parte dimanche soir, tout ca pour dire que je sais pas du tout quand je vais pouvoir te donner des nouvelles... Si j'écris pas ca voudra pas dire que les éléphants m'ont mangé...


Alors, au prochain message, et d'ici là porte toi bien !!
Jérome

p.s. merci pour tous les commentaires, c'est très apprécié !

samedi 12 juillet 2008

Salut !!

Bon, des petites nouvelles en ce samedi, 16h36.

Jeudi soir, comme je t'avais dit, je suis allé souper chez des Québécois installés ici a Léo. J'avais, completement par hasard, croisé la maman dans la rue et, tu sais quand tu croises un blanc dans la rue, tu le remarques. Si, en plus, il te répond salut en Québécois, là un lien est créé. Alors, j'ai soupé, jasé et joué au foot avec le petit gars chez eux, dans leur villa sous les palmiers. Ils sont ici depuis un an, pour aider à l'installation d'un réseau de travail social ici a Leo. J'ai quand meme été chanceux, ils repartent jeudi cette semaine...
Donc, une belle soirée ou il faisait bon de parler purement Québécois (malgré que les trois jeunes enfants commencent a prendre l'accent local, apres un an...) et de discuter d'Abitibi, Lac-st-Jean, Joliette, Québec... Dépaysant !!

Vendredi, Juda, le petit gars de ma famille adoptive (donc mon petit frere adoptif?) a été hospitalisé, et mis sous perfusion (ce qui est un signe de maladie grave). Verdict: Paludisme grave. Laisse moi te dire que j'ai vu des palus pas mal plus graves que ca en une semaine au CMA, mais quand meme, c'est du sérieux. Salomon, qui était parti pour la semaine, est revenu d'urgence hier soir, sur demande spéciale de son fils (c'est le seul mot qu'il a prononcé toute la nuit). Mais aujourd'hui, il a recu son congé et tout semble reparti pour le mieux. N'empêche, chez les jeunes enfants comme ca, la menace est persistante...

Aujourd'hui, sans raison personelle particuliere sinon la curiosité, je suis allé faire un tour au Ghana, dont la frontiere est en fait a une quinzaine de km d'ici. M. Benao, qui est revenu ici apres un sejour a Ouaga, avait a faire a Tumu, pour réparer son 4x4, et faire le plein en passant car l'essence est nettement moins chere de l'autre coté de la frontiere. Donc, trip de char sur une route de terre avec trous de bouette, visites visuelles par la fenetre du Toyota Land Cruiser, et deux bieres frettes a l'ombre d'un sympathique arbre dans la cour d'un restaurant. Le Ghana est un pays anglophone, donc déja la une différence majeure avec ici. Mais les gens la bas ont un accent en Anglais comme ceux d'ici ont un accent marqué en francais, donc meme si j'avais probablmement le meilleur Anglais parlé du groupe, je n'étais pas d'une grande utilité, et ca c'est sans compter le nouni et le moré qui se mélangent inmanquablement aux langues latines... Sinon, pour ce qui est du Ghana, c'est drole mais j'avais déja l'impression que c'est déja plus riche que le Burkina, bien que je n'aie pas eu un grand échantillon a observer. Commerces mieux établis, industries plus imposantes et mieux structurées, maisons plus grosses, plus solides et d'aspect plus confortables. Et on est seulement a 30km de Leo. Ca va etre beau quand je vais débarquer en Suisse...

Je t'ai parlé de la bière ?? C'est un des aspects où le Burkina (l'Afrique de l'Ouest) est nettement en avance sur l'Amérique du Nord, exception faite du Lac-st-Jean. Ici, une bière c'est une grosse bière!! Une biere = 65cL, point a la ligne. La petite, elle existe pas. Le paradis, quoi !! Et elle est bonne, la biere locale !! La Brakina, la Flag, la So.b.be sont les lager populaires. Ce midi, j'ai tenté une Gulder (prononcer goulda) et une Castle, petite stout pas piquée des vers. Ce sont les spécialités Ghanéennes, d'ou le nom anglophone. La bière, c'est une des choses qui me plait beaucoup ici. Et je mets l'emphase sur le "une des choses".

Bon, voila donc ou j'en suis. Ce soir, souper chez mon bon ami George qui m'a invité, avec sa famille. Demain, la messe, repos, et quoi encore...

A bientot
Une petite pensée pour Elizabeth qui rame en ce moment, je pense bien...

Jérome

p.s. Prison Break passe a la télé burkinabé le vendredi soir a 23h. c'était la premiere fois que je reconnaissais un visage a la télé...

jeudi 10 juillet 2008

Jérome à job

Salut. J'espère que tu vas encore bien. Ici on est Jeudi PM, et on est drolement bien dans le Cyber, y'a des ventilateurs...

Depuis lundi, j'ai comencé mon stage au CMA (Centre Médical avec Antenne chiurgicale) de Leo. C'est vraiment bien comme expérience.
Le CMA, c'est plusieurs petites batisses, un peu comme un hopital québécois qui est délimité par ses étages, sauf qu'ici y fait jamais froid pour sortir dehors, et ca coute moins cher comme ca. Il y a trois services: Médecine, Chirurgie et Maternité. J'ai convenu, pour les trois premieres semaines de stage, d'en faire une dans chaque service. Cette semaine, c'est Médecine. Le service comporte 4 chambres. 2 à un seul lit, pour les cas d'isolation; les deux autres sont des salles communes, avec 6 lits chacune. Il y en a, bien sur, une pour les hommes et une pour les femmes. Donc, 14 lits en tout. Il y a un personnel d'entretien sanitaire, une équipe d'infirmiers/ères, et un médecin. Ca décrit, en gros, les installations.

Voici le morceau croustillant: les conditions d'hygiene... Honnetement, je suis pas un gars sensible (malécoeureux), mais c'est vraiment perturbant. Quand on parle de nid infectieux!! Je préférerais rester chez moi plutot que de passer une nuit là pour me faire soigner (lire: contaminer). Malgré les effrts louables du personnel, les ressources manquent, et les installations ne sont pas adaptées pour maintenr un environnement sain.
Les murs sont sales, les planchers sont sales, les lits n'ont pas de draps... Et l'espace manque dans les salles communes, la seule ventilation c'est les fenetres ouvertes. Je vous laisse imaginer l'odeur... Comme traitement à cela, on y additionne le parfum toxique d'un air freshener cheap en poush-poush. C'est mieux que rien, j'avoue.
Mais n'allez pas croire que je me plains !!! Je constate les différences avec ce que moi je connais du pays d'ou je viens, et c'est comme ca que ca sort...

Voici en quoi ressemble la journée type: Début a 7h30 le matin, avec le staff. C'est comme une réunion du personnel ou l'on discute des nouveaux cas arrivés depuis la veille. Puis, la visite. Une dizaine de blouses blanches qui débarquent en toupeau dans chaque chambre, repassent le cas de chaque patient, discutent, se questionnent, rigolent, le tout au milieux de patients qui, tres souvent, ne parlent pas Francais et essaient de déchiffrer une bonne ou une mauvaise nouvelle dans ce qu'ils racontent. Apres la visite, le personnel se sépare, les infirmiers partent faire leur travail, et le médecin fait de la consultation, un genre de clinique sans rendez-vous. Sauf qu'il n'existe pas de clinique avec rendez-vous, ni d'urgence, donc tout le monde passe par là. La matinée se termine, selon l'horaire burkinabé, vers 12h-12h30. Ensuite, pause jusqu'a 15h-15h30, il fait trop chaud de toute facon. Si besoin est, ca reprend ensuite, jusqu'a 18-19h. Mais ce n'est pas tous les jours.

Pour ce qui est de ma petite personne, je te dirais que je suis bien tombé: il y a déja 3 étudiants en médecine de Ouaga qui sont ici, pour y faire leur stage obligatoire en milieu rural. Ils sont en 6e année, dans le système d'études medicales francais (je t'en reparle plus loin), mais, sans prétention, sur beaucoup de points je suis leur égal en terme de compétences avec ma 2e année à Sherbrooke. Mon role est donc calqué sur le leur, et le système est déja bien établi pour recevoir des étudiants. Ma tache consiste donc a assister au staff, puis a la visite, en siuvant le médecin et le reste de la troupe. Puis, lors des consultations, je seconde le médecin dans son travail en participant a l'examen physique, en remplissant de la paperasse, en signant des prescriptions (eh oui !!). Parfois, le médecin s'éclipse et c'est aux étudiants de faire la consultation. Sans etre celui en charge des décisions (y'a toujours des limites...), mon apport a la démarche diagnostique et aux décisions devient des plus intéressants.

Une petite analyse de ma part:
Le Burkina a été une colonie francaise, ca transparait dans mille facettes de la vie courante à commencer par la langue. Le système médical, les études comme la pratique, est donc calqué entierement sur le système francais. Disons que c'est tres intéressant a observer pour un Québécois...
Je viens de terminer un roman, Les Trois Médecins (salut Simon) qui traite, de facon narrative, du systeme francais et de ses failles, ca se passe dans les années '70. J'en ai, disons, un point de vue privilégié. Laisse moi te dire que j'apprécie encore plus mes études au Québec !! Le système francais est basé sur la hiérarchie, la supériorité frolant la divinité du médecin, la performance avant tout, le respect des normes et conventions établies. Tout le contraire de ce qu'on m'apprend au Québec, c'est-à-dire, en gros, l'ouverture au patient, la satisfaction des ses besoins et sentiments, le travail d'équipe...
Ici, quand le patient entre (apres s'etre fait crier suivant par la porte ouverte), le médecin tend la main. Pas pour serrer celle du patient, mais pour saisir son carnet et y lire les antécédents pertinents. Puis, il lui demande ce qui ne va pas.
Lors de la visite, un des infirmiers lit au médecin le compte-rendu des derniers événements concernant le patient, puis le médecin ou un étudiant l'examine sommairement, et la dizaine de blouses blanches en discutent ensemble, devant tout le monde... Des fois, on demande au patient comment ca va, si nécessaire...
J'ai vu, lors de la visite, un étudiant et deux infirmiers tenter coup sur coup d'ausculter un jeune garcon, environ 3 ans. Rien a faire, dès que la tete du stétho approche, le petit bonhomme se met a hurler et on a beau le forcer(littéralement) a le coucher sur le lit, on entend rien, il crie trop fort... J'ai attendu que la meute soit passée a son patient (a sa victime) suivant(e), puis je me suis approché du petit gars. Je lui ai serré la main, me sius présenté, lui ai parlé doucement. Il ne comprenait rien de ce que disais, évidemment. Je l'ai laissé jouer avec mon stétho, il était bien curieux... Puis, je le lui ai repris et l'ai ausculté, facilement, doucement, pendant qu'il me regardait avec de grands yeux. Je pense qu sa mère aussi était impressionnée. Comme quoi quand on travaille avec des humains, c'est toujours mieux de se comporter humainement...

Bon, je vais y aller, j'ai été invité a souper chez une famille de Québécois que j'ai rencontré cette semaine. On se redonne des nouvelles.

Ah, et Joannie, y'a 4 cochons qui restent juste derrière ma maison, là où donne ma fenetre de chambre. Avec l'odeur et le bruit, sont moins cute que sur les photos...

Jérome

mardi 8 juillet 2008

Numéro

Bon, apres l'avoir oublié pour les 3 deniers messages, je te donne mon numéro de portable (cellulaire). Eh oui, j'en ai un. Comme tout le monde ici... Les téléphones fixes sont une denrée rare mais le cell rentre partout et ne coute pas cher... Ils ont juste sauté l'étape de poser des fils partout, et sont allés directement aux antennes cellulaires. Pas fou, quand meme...

Donc, si jamais t'as le gout de me parler :
(011 226) 70 47 78 57

Et y'a 4h de décalage, alors pas trop tard le soir s'il te plait !!!

Vie communautaire

Salut ! Il est mardi PM ici, et il pleut. C'est la saison des pluies, apres tout... Je te raconte quelques evenements marquants des derniers jours.

Vendredi matin, c'était la derniere journée de classe pour les écoles primaires ici. (ne t'inquiete pas, ils recommencent mi-septembre donc c'est fair) Comme j'avais apporté quelques bricoles, des fournitures scolaires que j'avais remises aux directeurs des deux écoles la veille, j'ai été invité aux cérémonies du jour, qui duraient toute la matinée. Me voila donc assis au premier rang, devant bien des notables de l'endroit, vieux sages et autres... Perturbant, moi j'appelle ca du racisme positif. Et pas question de refuser l'honneur qu'ils te font... Joli spectacle, monté par les étudiants aidés par leurs professeures. Des choeurs, un défilé de mode mourant, une piece de théatre traitant de l'exploitation des enfants, des danses traditionnelles. La totale quoi... Et, entre les numéros, on remet des prix (j'ai eu l'honneur d'en remettre un) aux éleves les plus méritants de chaque niveau. On répete a plusieurs reprises qu'on encourage l'élite, parce que ca encourage les autres a suivre. On est loin de la réforme, trouves-tu ? Apres le spectacle, il y a un diner protocolaire, ou tous les dignitaires sont invités a partager le poulet, met par excellence des grandes occasions. Je me retrouve, avec Salomon (qui est responsable d'un organisme qui supporte l'école et le milieu), assis a la table d'honneur, devant beaucoup de monde important. Manger un poulet sauté, tout simplement coupé en morceaux dans un grand bol avec une sauce extra-huileuse, ca va. Le faire avec les mains parce qu'ici c'est comme ca, passe encore. Mais faire le tout avec classe devant des gens importants qui te respectent drolement, je t'y mets au défi. Moi, en tout cas, j'ai pas réussi.

Dimanche matin, on va a la messe. Comme Salomon est parti pour la semaine faire le tour du pays avec Sarah et Elise, deux québécoises en stage ici, moi et sa femme on part a l'église ensemble. Premier choc, il y a une porte pour les hommes, un autre pour les femmes. Et évidemment, on est assis séparés a l'intérieur. En entrant, deuxieme choc. Tout le monde est debout, danse, tappe des mains, chante, s'amuse. La, je vais mettre les choses au clair tout de suite. Je ne veux pas que tu te sentes offusqué ou blessé par ce que j'écris. Je ne suis pas celui qui s'y connait le plus en église, mais voici quand meme mon opinion. Il est évidemment ouvert a la discussion. Toujours est-il que, en entrant, j'ai été frappé par l'émotion, le dynamisme qui émananait de ces gens-la. Ils célébraient leur foi, et y prenaient un plaisir que je n'ai jamais rencontré au Québec. Du moins, exprimé comme ca. Probablement que ca aidait, le fait que la plupart du monde présent ait, a l'oeil, entre 20 et 40 ans. Une autre différence avec le Québec... La messe était donnée par des pasteurs Canadiens, en visite de Calgary. Ce sont des gens comme eux qui ont fondé cette église il y a 60 ans. La messe est émotive, prenante, entrainante, éducative. On est loins du marmonnage en latin... La cérémonie avance, on arrive au moment qui me donne encore la chair de poule. Le preacher canadien choisit des personnes dans l'assistance, les fait monter en avant. Il y a un aveugle, une jeune femme chez qui il a décelé une Hypertension chronique, et une vieille arthritique. Il leur dit qu'il va les guérir. Essaie d'imaginer a quel point je suis sceptique... Pour commencer, il fait un grosse mise en scene pour l'aveugle. Le tout se conclut, l'aveugle ne voit toujours pas. Mais je suis quand meme drolement impressionné par l'énergie qui peut se dégager d'une foule, les bras levés vers l'avant, qui crie, hurle, prie, chante, tout ca dirigé vers une meme personne en avant, qui ne demande que de guérir. La deuxieme, l'hypertendue, s'avance. Il demande aux gens de prier pour l'aider, saisit la tete de la femme entre ses deux grosses mains, et lui crie de sa grosse voix HEAL ! ALLELLUIAH ! HEAL ! La fille perd conscience, tombe par terre et se met a convusler. On la laisse faire pour aller voir la vieille, a qui le preacher murmure longuement a l'oreille. Il lui fait exécuter une série de mouvements, d'abord simples, puis s'intensifiant. La vieille finit par sauter et danser sur place en riant. La messe se conclut sur des chants religieux, des beats frappés dans les mains et des sourires. Je sais pas s'il a guéri quelqu'un ce jour la, mais il m'a impressionné. Et ma mere d'accueil dit que c'est comme ca chaque semaine...

On continue sur des sujets divers, a la demande générale (salut maman)
La Météo
Bon, je m'y attendais, c'est la saison des pluies. donc, il pleut. Des jours pas du tout, des jours 1 ou 2h, des jours presque toute la journée. Mais la pluie fait du bien, ca arrose les plantes et ca soulage la température, qui sinon devient vite chaude et pesante. Mais je vais etre franc, je m'attendais a plus chaud que ca. Ici, il doit faire entre 26 et 32 le jour, c'est chaud mais tres supportable. J'ai remarqué une différence notable avec Ouaga, au début de la semaine derniere. Seulement 180km de différence, mais l'un est plus pres du Sahara, l'autre de l'Océan... La bas, ca atteignait les 35°C, peu de pluie, beaucoup de soleil. Et la ville est polluée, ce qui exacerbe le tout. Ici, c'est la campagne, c'est la nature...

La végétation
Encore une fois, contraste marqué entre Ouaga et Leo. Ici, la foret est abondante et verte. Il y a des arbres typiques de la savane (je pense...), des baobabs, quelques palmiers. Un heureux mélange! D'ailleurs, je planifie une visite du Ranch de Nazinga, une Réserve Faunique pas tres loin d'ici. Foret luxuriante, éléphants, singes, antilopes... A Ouaga, par contre, tres peu d'arbres meme en périphérie de la ville. Le paysage est, disons, semi-désertique. On est au début du Sahel, porte d'entrée vers le Sahara. Je compare ca a la Taiga, en avancant vers la Toundra, au nord du Québec.
Les champs sont semés depuis pas tres longtemps, car les pluies ont retardé au début de la saison. Le pousses sont encore tres jeunes, mais je devrais les voir nettement plus grandes d'ici mon départ s'il pleut assez. Ma maman d'accueil a semé des arachides tout autour de la maison.

Les moustiques
Il y en a, mais certainement pas plus qu'au Québec au mois d'aout. Mais comme les fenetres ont des volets, pas de vitres, ca veut dire que dehors = en dedans. Meme pire, car le soir la lumiere les attire. Le moustiquaire pour dormir prend toute son importance, je suis bien content de l'avoir... Je découvre plein de bebittes originales ici. Hier, j'ai trouvé une mante religieuse de 4 pouces de long sur le rideau qui est en fait ma porte de chambre...

On est mardi, j'ai commencé hier mon stage a l'hopital. Tres instructif culturellement, assez perturbant aussi. Tout se passe tres bien, j'aime bien a date. Je t'en reparle dans un prochain message...

On se laisse sur l'image de deux vieux, sages, fatigués par la vie mais fiers d'avoir eu la chance d'etre rendus la, et fiers de la vie qu'ils ont mené. Donc, deux vieux, assis autour d'une Brakina et un Coca, sous l'imposant manguier au centre d'une cour verdoyante, au coeur d'une petite ville rurale d'un pays d'Afrique de l'Ouest. Les vieux discutent, philosophent, rigolent. Et Nignan, l'un d'eux, glisse dans la conversation ce proverbe burkinabé : "Si tu as trop de tetes de boeuf, t'as pas assez de bois pour bouillir. On peut pas tout avoir."

A bientot, et merci pour tes commentaires !!

Jérome

dimanche 6 juillet 2008

Expérience vécue

Bon. je te l'avoue, j'ai craqué. C'est arrivé samedi, en fin d'apres-midi. Ou disons plutot que j'ai compris. Ca m'aura pris une semaine, comprendre. Comprendre pourquoi tous les hommes africains qui ne portent pas de Rasta arborent une chevelure, au maximum, de 12mm de long.

Quand 29°C est défini comme un temps frais, que tu passes tes journées au soleil, donc a transpirer dans la poussiere ocre omniprésente, que ta douche se résume a un espace dans la maison (ou derrière) avec trois murs, un trou au fond et un seau d'eau dans le coin et que shampooing est un concept complètement abstrait, alors 4 pouces de cheveux deviennent une absurdité.

Je suis donc allé chez le coiffeur, me faire enlever ca. Je te raconte, ca donne un bel instantané du pays où je me trouve.^

Je suis sur la moto, derrière Salomon, mon père d'accueil. On s'arrete sur le bord de la rue, devant une petite échoppe comme toutes les autres. Petite, murs couleur ocre, toit en tôle, enseigne peinturée a la main, bref comme toutes les autres. Il y est écrit Coiffure pour Hommes, sans plus. Ici, c'est assez, pas besoin d'en dire plus. On entre donc dans une pièce unique, qui mesure pas plus de 4m x 3m. Sur les murs, une tapisserie style années '80, qui a déja été vert et rose, défraichie a souhait. Des posters, évidemment c'est un salon de coiffure. Défraichis eux aussi, et représentant des hommes tous noirs, et portant a mon avis tous la même coupe de cheveux, la même que tout le monde. Mais bon, c'est mon avis, y'a peut-être une certane variation... La chaise du coiffeur, eh bien c'est une chaise, point. Et les outils du coiffeur, posés sur le petit comptoir en avant de moi, se résument a un clipper et ses quelques accessoires. Le coiffeur, il a pas plus de 25 ans et il est très gentil, quoique un peu intimidé de me coiffer je crois. Il porte une camisole de basket des Rockets de je ne sais où, très certainement une contrefacon de pacotille vendue pour presque rien par les vendeurs ambulants a Ouaga, et un peu ici aussi. Il porte aussi des bracelets colorés de caoutchouc, un du Real Madrid et l'autre de Arsenal. Parce que le foot, c'est toute la vie. D'ailleurs, hier soir le bulletin du sport comportait 14 minutes de foot et une de basketball. Pire que le hockey au Québec... Et le coiffeur, il sent la sueur quand il s'approche de moi. Parce qu'il a chaud, comme tout le monde, les blancs comme les noirs. C'est juste que les noirs, eux, ne s'en plaignent pas... Pendant l'acte, je tends l'oreille autour de moi. Derrière moi, je les vois par le miroir, les gens entrent, parce que la porte est ouverte et que tout le monde est l'ami de tout le monde. Et la, ils voient d'abord, par terre, plus de cheveux roux au sol qu'il ne pourrait y avoir de cheveux noirs crépus après une journée complète de travail. Puis, ils voient le Nassara. Tout le monde trouve ca tellement drole, et excitant. Ca parle dans une langue qui m'est malheureusement inconnue, mais une chose est sure, les blagues et les rires volent, presque autant que les mouches, pour te dire... Par la porte, on entend le getto blaster qui enchaine les mélodies du FM. Il envoie d'abord une musique quétaine additionnée de paroles si jolies et naives, tellement que c'en est touchant, du genre "Si Dieu peut construire, Qui peut détruire". Slogan que l'on retrouve aussi a profusion sur les bumper stickers des motos. Puis, suit une mélodie commerciale, a la pop américaine. Sauf qu'elle est chantée en Moré, en Nouni, en Dioula. Par dessus la musique, on entend les discussion et les rires qui fusent, de gens passant par la, venus flaner, comme a l'interieur, comme partout. Et, en bruit de fond, le bourdonnement incessant des motos passant sur la rue tout près. On parle ici de "cyclomoteurs", entre 50 et 100cc, chez qui c'est la norme d'etre inmanquablement réticent a démarrer et de caler spontanément. Chaque famille qui peut se le permettre a une moto, comme seul moyen de transport, sinon la bicyclette. D'apres Salomon, Leo (+/- 30 000 hab.) comporte maximum 100 voitures. A Alma, c'est combien ?

Bon c'est pas tout, ca, le gars a terminé avec mes cheveux. Libération !!!

Jérome

p.s. j'ai modifié les paramètres de commentaires du blogue. Toutes mes excuses, je n'avais pas du tout saisi le fonctionnement... Maintenant, ca devrait etre nettement plus facile pour vous de commenter. Vous cochez Nom/URL, vous donnez votre nom et le tour est joué !! J'attends de vos nouvelles !! Merci a mon frere Etienne, champion Blogueur, pour les conseils. (allez voir le sien : 123gosuisse.blogspot.com )

jeudi 3 juillet 2008

Quelques jours et tant de choses...

Bon. Je suis maintenant a Leo, ou je vais passer le prochain mois et quelque. Je suis présentement dans le seul "Cyber" (-café) de Leo, en plein apres midi donc tout le monde dort ou presque. Mais il s'en en passé des choses depuis la derniere fois ou je t'ai ecrit, alors si tu veux bien revenons en arriere.
Lundi soir, j'etais invité a souper chez Tinguery Nathalie (Nathalie c'est le prénom, mais ici on prononce comme ca), qui est une tres bonne amie de maman. Eh oui, le monde est petit, je suis d'accord avec toi. Tres belle soiree, a discuter de multitudes de choses avec Nathalie, son mari Salif et son frere qui est chez elle a Ouaga pour etudier la Medecine (tiens donc), il est en 4e annee. Toujours aussi passionnant de discuter avec les gens d'ici, chez les gens d'ici, a propos de la culture et de millions d'autre choses d'ici.
J' ai rencontré un couple Franco-Quebecois, Mathieu et Catherine, qui ont fait le sejour avec moi chez M. Benao, et qui, eux, vont travailler dans un orphelinat. Des gens tres bien, on a passé tout notre temps ensemble. C'est différent de découvrir un pays seul ou avec d'autres Nassara (blancs)... J'ai bien aimé l'experience, mais j'aime bien etre seul aussi, ca donne un point de vue différent... Certains me considereront schizoide sur ce point, si tu vois ce que je veux dire...
Mardi, Grosse journee
En premier lieu, on est allés visiter un site de sculptures sur granit a Laongo. Captivant. Mamboula (je crois), notre guide, nous a fait plonger loin dans la culture Africaine a travers les sculptures. Moi, qui ne suis pas un maniaque d'art visuel, j'ai trippé !!
Ensuite, on reprend la route pour Bazinga, lieu du mythique étang aux crocodiles sacrés, que j'avais si hate de visiter !! Eh bien c'etait tout simplement malade. Il y avait Le Chef, qui est le plus gros et le 2e plus vieux de la bande, La Vieille, qui est la plus vieille, et une douzaine d'autres créatures de la meme espece, qui a mon avis sont plus pres du dinosaure que du petit lézard coquin. En passant des lezard il en court partout sur les murs mais ca c'est une autre histoire... Et j'ai eu l'honneur de m'asseoir sur le dos du Chef. Toute une expérience! Bref une visite que j'entrevoyais legerement culturelle mais surtout d'aspect "nature"/faune locale. Mais finalament les deux sont tellement inter-reliés, les crocodiles sont sacrés et les hommes vouent un respect énorme aux animaux. Ils sont dépendants de la nature, autant pour leur securité que pour leur alimentation et subsistance quotidienne. Ca me rappelle, plus pres de chez toi, la culture Amerindienne traditionnelle, ou on retrouve cette symbiose des hommes avec la nature. Nous, les blancs, on a tellement perdu ca il y a longtemps, il faut payer pour aller la retrouver dans une ZEC ou un camping ou un parc National ou un Zoo... Mais je m'éloigne drolement du sujet, la... Oublie pas, faut que tu me rappelles a l'ordre, des fois !
En soirée, nous avions l'honneur d'etre invités, nous les trois blancs et nos deux guides-copains, Benao et George, a une réception donnée chez l'ambassadeur du Canada au Burkina, en l'honneur de la fete Nationale. J'ai donc feté le 1er juillet, pour la 1ere fois de ma vie, a mi-chemin entre le Tropique du Cancer et l'Equateur... Villa climatisée, Piscine, Champagne et breuvages glacials, Biere pression... J'y ai rencontré l'ambassadeur, des Ministres du Burkina et quelques autres du gratin de Ouaga. Ah, et j'ai croisé Réjean Tremblay, le journaliste. Tu sais, le genre de soirée ou tu te repetes constamment "wow, c'est vraiment n'importe quoi, ou suis-je rendu?". On s'est bien marrés; et ca m'a permis de decouvrir un autre coté de l'Afrique, et je dis cela car je crois que c'est le cas partout sur le continent. Il y a ceux qui suent 15h par jour pour avoir a peine de quoi se nourrir, dont tu as certainement déja entendu parler, et qui existent et vivent autant que toi et moi. Mais il y a aussi ceux, Blancs et Noirs, qui vivent dans un ghetto dans la Capitale et qui se paient un luxe inconcevable par rapport a la population (ici ce quartier s'appelle Ouaga 2000). Ca porte a réfléchir, surtout quand on se demande d'ou vient tout cet argent. N'oublie pas que ces gens-la ont ceux qui ont le pouvoir de délier les cordons de la bourse publique pour aider la population. Et n'oublie pas non plus que la corruption est considérée normale ici, car vu la situation tous les moyens sont bons pour s'enrichir. Ceux qui le font ne sont pas nécessairement les plus croches, mais seulement ceux qui ont eu la bonne occasion. Joli sujet de discussion...
Chanson qui joue a la radio Horizon FM:
"La pauvreté est l'amie de la richesse
Et la richesse est l'ennemie de la pauvreté"
Hier, mercredi, quelques dernieres courses en ville. Pendant que j'y pense, c'est incroyable le monde qui peut tenter de te glisser un mot, de te vendre une denrée quelconque, a travers la cohue qui se forme des que la voiture s'arrete. Une voiture,c'est deja signe de grande richesse, une voiture avec trois Blancs assis a l'arriere c'est le Jackpot. On a tenté de me vendre une chemise 35 000 Francs CFA (+/- 85 dollars CAN), alors que selon George, a un Noir on la vend 3000 FCFA (7-8 dollars). Faut savoir négocier...
Puis, en route vers Leo. On a laissé Mathieu et Catherine a l'orphelinat en passant. Arrivés ici tard en soirée, j'ai fait connaissance avec ma famille d'accueil, dont Salomon, le pere, etait absent. Je l'avais deja rencontré a Ouaga, il devrait arriver aujourd'hui. Leo est un gros village (ou petite ville) tres sympa, plus tranquille que Ouaga, moins de vendeurs ambulants et d'itinérants, plus d'agriculteurs.
Demain, je rencontre les trois medecins a la clinique et on commence la "vraie" job.
Je te laisse sur un image d'une vieille Nissan Sunny qui roule, toutes fenetres ouvertes a 32°C, passant entre des champs ou les femmes travaillent et les enfants cessent leurs jeux pour saluer le Nassara qui passe, sous un ciel d'Afrique d'un orange flamboyant avec le Soleil Africain qui se couche derriere une forêt d'arbres pareils comme ceux dans le Roi Lion.
A bientot, prends soin de toi et au prochain message !!
Jérome
p.s. Les ordinateurs ici lisent bien les disquettes old school, mais pas les cartes SD, alors il va falloir que tu te contentes des descriptions ecrites, pour les photos ca sera au retour...
p.p.s. Il parait que c'est compliqué ajouter un commentaire... Est-ce quelqu'un pourrait ecrire un genre de "tutorial", comment s'inscrire et poster un message ... Ca serait sympa d'avoir de vos nouvelles... Merci a l'avance !!

lundi 30 juin 2008

M'y voila !!

Bon, j'y suis enfin, après un joyeux rush de préparatif, je suis enfin sur place, prêt a en profiter a fond !!
Wow, quel dépaysement !!! C'est incroyable !!! Tout va bien, ne t'inquiete pas, mais quel changement, y'a tout simplement rien de pareil avec chez nous !! Ou presque...

Récapitulons. Je suis parti de Montréal samedi soir, avec un vol de soirée-nuit-matin jusqu'a Paris (devancer le soleil, ca raccourcit ta nuit...). Courte escale a Paris, puis vol Paris - Niamey(Nigeria) - Ouagadougou, ou Francois Benao et son équipe sont venus me chercher.
Premier choc: La chaleur (évidemment), malgré que jusqu'a date c'est tres tolérable a 30°C. Deuxieme choc: la conduite automobile. Les premieres minutes, ca semble etre l'anarchie totale: quelques voitures, des "cyclomoteurs" partout, a gauche, a droite, sur le trottoir... Pas de ligne, tres peu de signalisation... Le systeme semble basé sur la confiance plus qu'autre chose... Et dans le rues de quartier, moins de trafic mais cette fois le slalom se fait entre les poules, leurs nids, les chevres, les kids qui jouent au foot... Pas d'asphalte, sauf sur les arteres principales. Mais bon apres 2 jours je commence a m'y faire...
Dehors, partout, des gens. Qui travaillent, vendent des bebelles "américaines", transportent quelque chose quelque part (sur la tete de préférence), flanent, jasent... Du monde partout... Et évidemment, un blanc-roux dans une auto, ca pique la curiosité. Tout le monde m'observe avec cet air curieux, pas méfiant, pas hostile, juste curieux.
Jusqu'a demain, je suis chez M. Benao, a Ouaga. Tres sympathique, il a tout prévu pour m'accueillir tout en m'intégrant a la vie ici. J'ai ma chambre ici, dans une petite maison ou y'a toujours plein de monde qui vient flaner, jaser, c'est génial. Ce qui est bien avec les gens ici, c'est que tout le monde est ton ami, par défaut. On s'aide a la grandeur des moyens qu'on a, et c'est comme ca qu'on va tous survivre...
J'ai tres bien dormi, peut etre meme un peu trop longtemps a leur gout... Mais bon, j'avais une nuit blanche (ou presque) d'avion a reprendre. C'est fait! Cette nuit, "Dieu merci", on a eu un méga-orage, ce qui est la norme en saison de pluies. Ca fait du bien, la chaleur tombe un peu.

Je te redonne des nouvelles, probablement de Léo la prochaine fois

Jérome

p.s. désolé pour les fautes, y'ont tout mélangé le clavier...

jeudi 26 juin 2008

Mise en situation

Pour compléter le premier message, je me suis dit que ca serait pertinent de te faire une description de mon projet, ça va faciliter ta compréhension des messages qui vont suivre.

Je pars faire un stage en "santé", donc en lien avec mes études en Médecine. Je serai à Léo, une ville d'environ 30 000 habitants dans le sud du Burkina Faso. Je travaillerai dans la clinique médicale locale, et je ne sais pas encore très bien quelles seront mes tâches sur le terrain. Je résiderai dans une famille d'accueil, mangerai avec eux, dormirai avec eux, vivrai avec eux... Voilà, sommairement, le cœur du projet.

Je pars de Montréal Samedi le 27 Juin, pour arriver à Ouagadougou (capitale du Burkina) le dimanche 28. Quelques jours à Ouaga, puis en route pour Léo pour "pratiquer" (wow, ce mot-là sonne trop professionnel à mes oreilles...).
Départ de Ouagadougou le 9 Août, avec escale obligatoire à Paris. Mais, surprise, l'escale se prolonge 5 jours, agrémentée d'un tour de TGV pour aller chez mon frère Étienne qui aura préalablement emménagé à Lausanne en Suisse. Tant qu'à passer proche, aussi bien aller lui dire bonjour !! Retour au Québec le 15 Août, si tout s'est passé comme prévu.

Voilà, tu en sais déja un peu plus.
La prochaine fois que je t'écris, y va faire chaud !!

Jérome

Prologue

Voila, c'est mon premier message.

Tu es bien sur mon blog, où je te décrirai mes péripéties lors des 7 prochaines semaines, d'Alma à Ouagadougou à Léo à Paris à Lausanne à Alma.
Je vais essayer d'y écrire régulièrement, mais c'est un peu absurde de te promettre ça depuis le confort de ma maison au Québec. On va voir sur place, selon les facilités disponibles et le temps que j'aurai.

OK, le fonctionnement sera simple:Moi, j'écrirai mes messages sur ce blog, j'y décrirai plus ou moins en détail ma vie de stagiaire en Médecine au Burkina Faso.
Toi, tu places ce site dans tes favoris, et tu passes y faire un tour de temps en temps, quand tu auras 5 minutes et t'auras le goût d'être ailleurs qu'où tu es à ce moment, peu importe où. Et, bien sur, si tu as une minute de plus que ces cinq-là, tu me laisses un petit commentaire pour me donner des nouvelles de ta vie ici, ca serait sympathique...

Alors je te souhaite un bel été, et bonne lecture!!

Jérome